Dans quelques jours aura lieu les premières représentations de « Cats » (d’Andrew Loyd Weber) joué par le groupe de comédie musicale Ouest Side Mélodie, dirigé par Malvina Domar.
À cette occasion, découvrez l’entretien réalisé avec Jules, membre de la troupe.
Un grand merci à Jules pour cet échange passionnant !
Pour commencer, peux-tu nous raconter comment tu as connu l’association ?
Je chante depuis très longtemps. J’ai découvert Philomèle avant le Covid avec l’atelier Chanter en famille où nous allions donc en famille, avec d’autres amis. À l’époque l’atelier de comédie musicale n’existait pas.
Tu as donc assisté à la naissance de la troupe de comédie musicale ?
On discutait beaucoup avec Isabelle Jamin (intervenante chez Philomèle) et la chorale Esperluette car on avait envie de reprendre des chants issus de différentes comédies musicales. Quand Malvina Domar (intervenante chez Philomèle) a rejoint l’association, on lui a demandé si elle était intéressée pour monter un atelier et elle a dit oui.
Te souviens-tu des débuts de l’atelier de comédie musicale ?
Les premières séances ont eu lieu à la rentrée 2021. On se réunissait 1 h 30 tous les quinze jours. Il y avait une dizaine de participants et une grande disparité d’âge.
Pendant cette première année, on a beaucoup ramé ! On n’a fait que trois chants dans l’année, et encore, on n’a même pas été au bout de la chanson des Jalupates, extrait de la comédie musicale « Cats ». Mais on s’est quand même produit trois fois devant du public dont la fête de la musique et ça nous a permis de faire connaître l’atelier.
L’atelier a bien évolué depuis !
Oui, l’année d’après le groupe a grandi. On se réunissait toutes les semaines. Des gens motivés ont rejoint le groupe. Ça nous a permis de travailler de plus en plus sérieusement, de prendre de l’ampleur et de monter des extraits du spectacle « Les Misérables ».
L’année suivante on est encore évolué d’un cran en termes de mise en scène, avec la reprise de la comédie musicale « Au fond des bois » /« Into The Woods ». Ça nous a demandé beaucoup de travail vocal. Plusieurs membres du groupe ont déjà fait, ou font du théâtre, donc ça aide. Cette année, avec « Cats », on a fait beaucoup de travail corporel.
La comédie musicale est un univers que tu connais bien ?
J’en écoute depuis longtemps. Petit, c’était « Starmania » et « Notre Dame de Paris ». Et plus tard, j’ai découvert le monde de Broadway qui est bien plus large que ce qu’on connaît.

Peux-tu nous en dire plus sur l’univers des comédies musicales ?
La comédie musicale, c’est la version moderne de l’opéra. C’est un peu comme du théâtre chanté, une histoire racontée en chantant. L’avantage que j’y vois aujourd’hui c’est que la comédie musicale est un mixte équilibré entre le chant, le théâtre et jeu d’acteur : il y a un travail sur le chant, sur la gestuelle, sur la présence sur scène. Pour moi, la comédie musicale c’est un travail artistique complet.
C’est ce travail artistique complet que tu aimes particulièrement ?
Oui, et puis ce que j’aime c’est le côté narratif, qui manque souvent dans les comédies musicales françaises. La comédie musicale c’est avant tout une histoire avec des émotions à faire passer aux gens. Tout ce que tu fais sur scène, le chant, les gestes, sont au service de l’histoire.
Les Allemands sont très opéra, donc ils sont plus ouverts à l’univers de la comédie musicale, comme les Anglo-Saxons. En France, on a du mal à faire le mixte. C’est soit populaire, soit snob. Et puis, on est dans une culture très puriste : on est soit un très bon écrivain, soit un très bon comédien, ou un très bon danseur. On a du mal à accepter le mélange les talents. C’est pour ça que les comédies musicales françaises sont davantage des suites de chansons avec quelque bout de théâtre entre les deux, plutôt qu’une vraie narration.
Comment se passe une séance de comédie musicale ?
On essaie d’arriver un peu en avance car on échange beaucoup entre nous à notre arrivée. Ensuite, on commence par la partie échauffement vocal. C’est une étape assez longue pour bien se préparer, ne pas se fatiguer la voix par la suite. On fait un échauffement corporel aussi. Après ça, on déchiffre des morceaux et on répète beaucoup. On fait de la mise en scène. Malvina nous guide et structure le tout mais parfois on partage des idées. On travaille les morceaux un par un au fur et à mesure de l’année. En général, on travaille les ensembles en priorité car ce sont les morceaux les plus longs à mettre en place. Puis, au fil de l’année, on imbrique tous les morceaux pour monter le spectacle.
Est-ce que vous vous retrouvez en dehors des répétitions hebdomadaires ?
À chaque période de vacances scolaires, on fait une journée entière de résidence. C’est une journée intensive de travail pour avancer plus vite sur des parties compliquées, comme mettre en place un morceau de danse sur un morceau qui dure dix minutes par exemple. On profite aussi des résidences pour répéter plusieurs fois le spectacle. Ça demande un gros niveau de concentration et d’énergie.
La présence de Malvina doit beaucoup apporter au groupe ?
Malvina a une très forte expérience dans la comédie musicale, ayant joué elle-même dans des spectacles. Elle sait comment ça se passe dans la durée, dans quel ordre procéder pour monter un spectacle. Dans un orchestre, il y a un chef d’orchestre. Nous, on a Malvina. Elle nous dirige, elle prend en charge tout le travail de mise en scène… C’est un investissement colossal.
Il y a aussi la présence de Solange, votre pianiste attitrée…
Oui, on a beaucoup de chance d’avoir Solange. Avant, on jouait sur bande musicale. Grâce à Solange, qui est présente à toutes les répétitions, on est beaucoup plus efficace et on travaille beaucoup mieux.

Est-ce que cet atelier est enrichissant personnellement ?
Le fait de travailler toutes les semaines m’aide beaucoup à me désinhiber pour danser, même jouer. Ça demande beaucoup de travail sur soi pour se lâcher et rentrer dans un personnage. Le fait d’être à l’aise dans le chant m’aide à me concentrer sur le reste. Je sais comment me rattraper en cas de problème avec le chant ou ma voix, ça ne me fait pas peur. En dehors de la scène, c’est plus compliqué. Mais c’est agréable de continuer d’année en année : au début, je venais avec ma femme qui faisait déjà du théâtre, et puis notre fille a rejoint la troupe. C’est agréable de la voir évoluer et prendre confiance en elle au fil des années.
Le groupe de comédie musicale se produit plusieurs fois par an sur scène. C’est quelque chose que tu apprécies ?
C’est pour ça que je suis dans cette troupe. Je ne fais pas cet atelier seulement pour gagner en technicité ou améliorer mon jeu. Je le fais pour ressentir la joie d’être sur scène et partager des émotions, raconter une histoire au public. À 15 ans, avec un groupe de musique au lycée, on a joué devant 1 500 personnes. Je n’ai jamais ressenti quelque chose d’aussi fort. Aujourd’hui je monte sur scène avec le groupe de comédie musicale et ça me manquerait si on ne se produisait pas si souvent.
Plus qu’un atelier, vous êtes comme une véritable troupe de comédie musicale ?
Aujourd’hui on est une vingtaine. On forme une équipe. Garance pour les costumes, Hélène pour les décors. On n’est pas juste un atelier où les gens viennent et repartent. Tout le monde travaille à la mise en place du spectacle, cela va de l’organisation de cours de claquettes, au dossier de subvention, à la réservation de salle, la sono, les décors… Il y a beaucoup de travail qui est fait dans l’ombre, notamment par notre commission comédie musicale. C’est ce qui fait notre esprit de troupe et qui participe au succès.
Pour conclure, parle-nous du nouveau spectacle que vous montez actuellement ?
Nous jouons Cats, un spectacle d’Andrew Lloyd Webber, tiré d’un livre qu’il s’appelle « Old Possum’s Book of Practical Cats » de T.S.Eliot’s. C’est un livre très connu en Angleterre. Un peu à l’image du Roman de Renart pour la France.
C’est l’histoire d’une troupe de chats humanoïdes qui se rejoignent tous les ans. L’un d’entre eux est alors désigné pour monter vers la félinosphère et renaître pour vivre une nouvelle vie. On voit donc défiler tout une galerie de personnages. Chaque chat se présente et c’est le patriarche des chats qui va décider, selon des critères mystérieux, le chat qui va avoir droit à une nouvelle vie.
Andrew Lloyd Webber voulait en faire un ballet donc il a fait la musique et les textes lui-même. C’est un ballet complexe qu’on ne dansera pas en entier mais qu’on va reprendre en grande partie. Lors de la sortie originale du spectacle, il était réputé comme l’une des comédies musicales les plus compliquées à mettre en place.
Cela fait deux ans qu’on travaille dessus avec le groupe. On a hâte de le jouer devant le public. D’autant plus qu’avec notre dernier spectacle, « Au fond des Bois », on a rempli six fois la salle de l’Écusson (la salle de spectacle de Josselin). Je croise encore des personnes qui étaient déçues de ne pas avoir pu assister aux représentations et qui veulent connaître les prochaines dates… Il y a un véritable engouement.

Ouest Side Mélodie en tournée – Spectacle CATS :
Samedi 7 février 2026 à 20 heures à Josselin, Centre culturel l’Écusson
Dimanche 8 février 2026 à 15 heures à Josselin, Centre culturel l’Écusson
Samedi 28 mars 2026 à 20 heures à Sérent, Le Petit théâtre
Dimanche 29 mars 2026 à 15 heures à Sérent, Le Petit théâtre
Samedi 30 mai 2026 à 20 heures à Ploërmel, Lycée La Mennais
Dimanche 31 mai 2026 à 20 heures à Ploërmel, Lycée La Mennais
Dimanche 5 juillet 2026 à 20 heures à Questembert, L’Asphodèle.
Réservation : https://www.helloasso.com/associations/philomele
Photos signées : Bertrand COUSSEAU – BC PHOTOGRAPHIE :
http://www.bc-photographie.com/blog/index.php